En libérant du temps propice à la détente émotionnelle, physique et mentale. Pour restaurer mes capacités, je me suis mise à déléguer, mais c’est ce qui m’a permis de ne plus être en première ligne face à mes clients et de prendre un peu de recul. Les pleurs sont souvent une soupape au trop-plein émotionnel accumulé pendant cette période difficile. Ils sont fréquents, abondants, et difficiles à contrôler.

Ce Burn-Out m’avait fragilisée, j’étais devenue hypersensible et je pouvais me mettre à pleurer pour un rien. Pendant cette période, je dormais beaucoup, et je ne mettais plus un point d’honneur à être la première et la dernière au bureau. Il fallait que je dorme pour récupérer. La détente physique s’obtient surtout par une mise au repos, de très longues nuits ou des siestes fréquentes. Dès que le corps en ressent le besoin, il faut dormir et ne pas résister. C’est une période de léthargie, comparable à une convalescence. Quant à la détente mentale, on l’obtient en réduisant les stimulations extérieures : pas de discussion, de conflits, ni d’activités complexes. Parler me fatiguait, écouter les autres parler m’épuisait, les bruits m’agressaient, aller faire des courses dans une grande surface m’exténuait. J’ai donc choisi de faire mes achats dans des lieux plus humains et conviviaux.

Cette période de calme, de repos et de solitude relative constitue un contexte favorable pour reprendre contact avec soi-même, avec ses besoins et éventuellement ses désirs. J’ai repris doucement contact avec mon moi, ce qui était primordial. Cette « attention à soi » nous amène souvent à prendre part à diverses activités culturelles et sociales. Ces choix correspondent aux envies de chacun et il faut apprendre à se faire plaisir. Pour y arriver, j’ai trouvé une petite astuce. J’ai noté sur une feuille tout ce que j’aimais et qui me faisait plaisir et tout ce que je ne voulais plus, les inscrivant par ordre de préférence, les hiérarchisant. Dès que l’aisance et la spontanéité reviennent, elles sont caractéristiques de la fin de cette étape qui a été consacrée à l’élimination d’efforts inutiles. J’ai pu observer qu’à ce moment précis, le choix de faire appel à un thérapeute est déterminant.

Seul, on ne peut s’auto diagnostiquer, et on ne parvient pas toujours à trouver des réponses à nos angoisses, on tourne en rond. Il est très important de trouver un lieu de ressourcement et une situation statutaire permettant la mise au repos. J’avais deux lieux de ressourcement, ma maison de campagne où je descendais très régulièrement. Je retrouvais tous mes souvenirs d’enfance, un vrai petit coin de paradis, un lieu calme et paisible où le temps s’arrête. Et puis mon appartement, un cocon invulnérable, personne ne pouvait m’agresser ni m’atteindre. J’étais en sécurité dans mon univers.

 

Phase 4 : Analyse et réflexion
Phase 5 : La rupture
Phase 6 : Le nouveau projet

 

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